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1) Historique
La
Gestalt a été fondée par Fritz Perls, un
psychiatre et psychanalyste allemand, émigré aux
USA, à l'âge de 53 ans. Son premier ouvrage, Le
moi, la faim et l'agressivité, a été
publié en 1942 et l'ouvrage princeps, Gestalt Therapy, co-rédigé avec Paul Goodman et Ralph Hefferline,
est paru en 1951. Elle se situe au carrefour de plusieurs courants :
psychanalyse, Gestalt-théorie, phénoménologie
et existentialisme.
Gestalt
vient du verbe allemand gestalten, qui signifie "mettre
en forme, donner une structure". La Gestalt s'intéresse
particulièrement au contact :
comment entrons-nous en contact avec nous-mêmes, avec les
autres, avec notre environnement ? Le psychothérapeute
gestaltiste est un spécialiste de ce que nous appelons
la "frontière-contact", c'est-à-dire la zone où
s'échangent des informations, des désirs, des besoins
matériels. Cette frontière est sans cesse mouvante,
elle est notre manière d'être au monde, d'être
en relation.
Beaucoup
d'approches thérapeutiques tentent d'expliquer notre psychisme
en terme d'instances (le Ça, le Moi et le Surmoi en psychanalyse), de grilles d'observation comme les trois états
du Moi en Analyse Transactionnelle (Parent, Adulte, Enfant), de blocages corporels (bioénergie), etc.
La
Gestalt-thérapie nous a fait passer de l'ère de
la photographie à l'ère du cinéma. Je veux
signifier par là qu'elle s'intéresse au "processus",
à l'ajustement permanent entre un organisme et son environnement.
Cet ajustement est par définition en perpétuel changement.
Il n'est pas possible de fixer ce contact, comme une photo pourrait
fixer une expression, une mimique. Le Gestaltiste parle de cycle
de contact, d'ajustement créateur, de forme
qui émerge du fond, qui sont autant de termes qui évoquent
le mouvement, le cinéma, le théâtre. Devenir
créateur de sa vie, c'est essayer d'inventer en permanence
de nouvelles manières d'être au monde. La Gestalt-thérapie
met l'accent sur la prise de conscience du processus en
cours dans l'ici-et-maintenant de chaque situation.
La
Gestalt est donc à la fois une science, avec des outils
d'analyse rigoureux, et un art de vivre puisqu'elle contribue
à rendre la vie plus harmonieuse et variée ;
elle est surtout une psychothérapie, c'est-à-dire
une démarche permettant, dans un cadre donné, d'explorer
des difficultés existentielles.
On
classe à juste titre la Gestalt dans le courant des psychothérapies
humanistes. Son originalité n'est pas dans ses techniques
mais plutôt dans son objectif : élargir le champ
de nos possibles, augmenter notre capacité d'adaptation
à des êtres ou des environnements différents,
restaurer notre liberté de choix. Elle place le client
comme acteur du changement, et la relation comme moteur
de ce changement. Ce qui se passe entre le client et son thérapeute
est à l'image de ce que la personne crée comme forme
de contact dans son quotidien.
La
Gestalt développe le sens de la responsabilité et de l'autonomie, réhabilite le ressenti émotionnel,
trop souvent encore censuré par la culture occidentale.
Elle développe une perspective cohérente de l'être
humain, en relation dans un champ social, intégrant ses
cinq dimensions principales : sensorielle, affective,
intellectuelle, sociale et spirituelle . Elle intègre,
de manière spécifique, un ensemble cohérent
de techniques variées, verbales et non verbales, utilisant
la parole, l'émotion, le rêve, l'imaginaire, la créativité,
le mouvement et le corps.
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