|
LE
STRESS, UN MANIPULATEUR PERVERS DU CORPS
?
|
|
Voyage
dans cet univers du réel et de
l'imaginaire, traitement et étude
de cas par des méthodes de relaxation
spécifiques.
|
|
Une
écoute complète du corps
et de I'âme
Par Théodore-Yves NASSÉ
Psychanalyste Sophrologue
"Quand
on ne parle pas des
choses avec une partialité
pleine d'amour, ce que l'on
dit ne vaut pas la peine
être rapporté"
GOETHE
|
"Le
corps joue à cache-cache avec l'inconscient" il est la cible de tous nos phantasmes, faisant
bloc avec lui ; il se trouve à la fois
objet du désir manipulé et manipulable,
tout en étant le représentant
du désir de l'autre.
Ce corps réel, phantasmé ou imaginaire,
est fait pour plaire, pour séduire, envoûter
; il invite l'autre à prendre place comme
spectateur privilégié et utilisateur
de ce corps.
De tout temps, les hommes et les femmes, surtout
dans la mythologie, se servaient de leur corps
en tant qu'objet désirant, l'ornant de
bijoux, de parures scintillantes, faisant ressortir
un certain pouvoir masqué, donnant à
celui-ci l'éclat de la beauté.
Le fard servait comme artifice suprême
pour écrire sur ce corps, transformer
et cacher ce corps réel.
Ce pouvoir du corps face à l'autre jouant
sur une double représentation symbolique
et réelle exerce sa puissance sans mot
comme un langage écrit sur le corps.
Les manifestations psycho-émotionnelles
vont jouer le rôle de l'orfèvre
qui façonne son bijou, le sculpte de
telle façon qu'il soit le plus désirable
possible, en lui donnant en plus le relief de
l'expression du désir.
Dans ce corps mimique et tonico-postural, envisageons
les réactions psycho-émotionnelles
les plus simples :
Le rire, réaction de joie ou mécanisme
de défense, peut naître d'un corps
immobile, sans forme ; nous pouvons nous demander
si ce rire appartient à ce corps.
Pour les pleurs, qui peuvent exprimer une réaction
de tristesse ou de joie, il en est de même.
J'illustre mon propos par deux cas significatifs
:
Madame
" X ", jeune et belle femme de vingt
cinq ans, blonde aux yeux noisette humides,
de typologie normotype, d'allure sportive, mariée,
trois enfants, professeur à l'université.
Cliniquement, elle présente une agarophobie
et une cancérophobie sur un terrain dépressif
gai.
Nous allons voir comment ce corps épouse
le malaise inconscient et reflètera diverses
postures corporelles très différentes.
En effet, dés le début de la prise
en charge en relaxation, cette patiente exprimait
des pleurs dans une posture régressive
(position ftale, bras recouvrant ses jambes),
me faisant ainsi le cadeau de ses larmes, sans
aucun mouvement ; je parlerai du corps statue,
comme si ce corps n'existait même pas
comme signifiant.
il retrouvera sa posture digne et séduisante
et, surtout, retrouve sa fonction psycho-motrice.
Nous voyons bien ces deux représentations
simples du corps mimique et du corps postures
jouer à cache-cache (" mais avec
qui donc ").
Monsieur
"Z", quarante ans, ingénieur
informatique travaillant sur internet, de typologie
athlétique, mesurant un mètre
quatre vingt, blond aux yeux bleus ; il donne
l'impression d'un corps habité, sécurisant,
au premier regard.
Sur le plan clinique, ce patient présente
une structure phobique et obsessionnelle sur
des traits cyclothymique de caractère
maniaco-dépressif.
Ce corps peut prendre à la fois l'expression
de la douleur, d'une façon signifiante
; et il est le représentant de son inconscient
; cette représentation réelle
me faisait au livre d'Oscar WILDE : Je veux
parler du " portrait de Dorian GRAY "
(où le corps et, en particulier, le visage
du modèle trahit l'inconscient ou l'âme
de son modèle).
Cette transformation corporelle, à la
fois séduisante ou pathétique,
s'observe sur ce patient : en particulier, le
visage crispé, les yeux humides de couleur
verdâtre, le corps cadavérique,
immobile, déformé, les épaules
basses ; enfin, un corps qui souffre, faisant
apparaître sa dépression et sa
grisaille intérieure.
Par contre, ce même corps, quand tout
va bien, comme actuellement après deux
ans de traitement, retrouve sa séduction,
sa posture droite souple, épanouie ;
le visage lumineux est reposé et souriant
; les cheveux sont alors bien coiffés
; en un mot, ce corps est redevenu habité
; il reflète l'état psychique
du moment ou sa dépression est totalement
absente.
Ces
deux cas illustrent bien des réponses
corporelles différentes suivant les stimuli
émotionnels qui s'inscrivent dans et
sur le corps, de même que l'état
de fatigue musculaire, céphalées,
troubles digestifs, cortège classique..
Nos patients dans l'incertitude ne cessent d'opérer
des déplacements.
Ces incertitudes jouent aussi à cache-cache
avec l'inconscient.
Le corps n'est questionné qu'au niveau
des organes divers qui ne parlent pas le langage
des mots ; Celui-ci continue de masquer et de
cacher, et surtout en manipulant. Il vit dans
un monde où la complicité est
permanente.
Comment le corps joue-t-il à cache-cache
avec notre inconscient en relaxation ?
Comment ce cache-cache débute et se termine
dans la nouvelle relation triangulaire ( psychiatre-patient-thérapeute)
?
Nous
allons envisager plusieurs types de relations
et de manipulations.
Je commencerai par la relation la plus simple,
c'est-à-dire ou, dans le triangle,
Le médecin psychiatre
n'est pas le psychothérapeute du patient,
restant quand même le référant.
Il est évident que cette relation patient
psychothérapeute sophrologue est plus
nette et plus claire ; Cette relation transférentielle
s'établit dès les premières
séances de relaxation sophronique.
Par contre, les courants affectifs seront plus
puissants, augmentant la relation entre eux,
du fait de l'écoute et de l'utilisation
de cette relation, quoi qu'on en dise.
Même si le thérapeute n'intervient
et n'interprète pas, même si ça
compétence de psychanalyste l'autorise,
il ne peut et ne doit pas être un "
thérapeute en psy quelque chose "
sauvage lacanien, laissant partir son patient
dans la nature, sans mot, afin de rester à
sa place au regard de sa propre angoisse déontologique
? Laissant partir les courants affectifs comme
des courants d'air, anxiogènes et dangereux
pour le patient. Il ne faut pas être un
thérapeute
D'anges heureux ou plutôt un thérapeute
dangereux ?
Le rôle du médecin prescripteur
va jouer un rôle très important,
je veux parler du bon ou du mauvais objet de
cette alliance future qui découlera indirectement
de la relation transférentielle neutre,
bonne ou mauvaise du thérapeute et du
patient.
En effet, si la relaxation se déroule
de façon très positive, le médecin
psychiatre Prescripteur sera indirectement complice
et bon objet.
A l'inverse, si la relation transférentielle
est négative, il ne sera pas forcément
le mauvais objet ; tout dépendra de leur
rencontre antérieure plus ou moins inconsciente.
Il se greffe également le rapport des
co-thérapeutes réel ou imaginaire
que le patient s'en fera.
L'exemple
précédent, monsieur " Z ",
décrit au début de l'article,
est celui d'un patient actuellement sur le rail
de la " guérison " et qui dit
que sa rencontre avec le docteur " D "
est une pierre symbolique dans sa vie et que,
sans cette rencontre, et mon aide, il serait
sûrement déjà mort.
Cette relation indirecte mais positive marque
bien à quel point les courants affectifs
sont importants.
Deuxième
hypothèse : le médecin Psychiatre
prescripteur est aussi le psychothérapeute
du patient :
Le
schéma devient différent, surtout
avec notre clientèle de phobiques qui
présentent systématiquement des
traits d'hystéro-phobiques, se mettant
ainsi plus ou moins à distance de leur
problème, ainsi qu'une mise en échec
des soignants.
En effet, le patient peut jouer aussi en plus
le rôle de trouble fête au sein
du couple des deux praticiens ; ces patients
désirant manipuler celui-ci et exprimant
à la fois un désir très
ambivalent, ils désirent guérir
et montrer à l'autre son impuissance
et sa tromperie, de manipulateur manipuler.
Chacun peut se trouver trompé dans cette
relation.
En effet, le patient joue inconsciemment le
rôle de l'amant dans couple de co-thérapeutes.
Si le couple ne se connaît pas du tout,
alors le drame peut sortir de l'ambiguïté.
Prenons
un exemple positif et négatif :
Monsieur
" C " jeune homme de vingt-deux ans,
étudiant en philosophie, phobique de
la hauteur (acrophobie), il présente
une importante photo-sensibilité depuis
l'âge de 17 ans ; de typologie normotype,
au contact agressif et particulièrement
difficile, il offre le tableau clinique suivant
: trouble du contact avec les autres, troubles
du sommeil, irritabilité constante, instable
sur le plan corporel et sur le plan des études,
trouble de la sphère sexuelle depuis
cinq ans, gros problème d'autonomie.
Ce patient est venu en relaxation, sur le conseil
d'un médecin psychiatre, ami sur le plan
professionnel et personnel (cette remarque aura
une importance considérable).
La relaxation a débuté il y a
dix-neuf mois. Dès le début de
la prise en charge, ce patient me dit : " Je viens, mais cela
ne sert à rien ", Il
vient contre très régulièrement,
toujours à l'heure fixée, sans
retard ni avance.
En
séance, il parle beaucoup avec moi, mais
relativement peu ou plus avec son psychiatre.
Il me dit souvent qu'il désire "
défoncer son psy ", surtout parce
qu'il ne parle pas lui aussi et qu'il ne sait
pas ce qu'il pense.
Me prenant à témoin, il me demande
:
Si vous étiez à ma place, que
feriez-vous ?
En séance avant et après la relaxation,
on ne parle que de mon co-thérapeute.
Cette provocation verbale ou cette manipulation
perverse, dure sans cesse depuis dix-neuf mois.
Dans ce cas très précis, aucun
des deux (psychiatre et sophrologue) ne tombe
dans le piége ; en effet nous nous connaissons
depuis 20 ans et nous nous faisons confiance
mutuellement .
La manipulation de notre patient est inefficace,
mais il continu ce jeu.
Exemple
contraire négatif (vol de la relation,
alliance ou transfert) :
Monsieur
" P " âgé de trente ans,
ancien directeur d'une start-up qui vient de
couler, Il présente une attitude scoliotique
et cyphotique, brun presque noir aux yeux noirs,
assez grand, mince, élégant, sympathique,
au contact très facile, marié,
une petite fille de 6 mois. Il vient sur le
conseil de son médecin spécialiste
dermatologue, pour faire des séance de
relaxation.
Ce patient présente cliniquement des
problèmes dermatologiques importants
un psoriasis géant sur la totalité
du corps depuis 5 ans, associé à
une agoraphobie récente à la suite
de son échec professionnel et une acrophobie
également survenue à la même
époque, où il désirait
se suicider en se jetant de son balcon, ses
symptôme l'handicapent sérieusement,
dans sa nouvelle activité professionnelle,
car il doit prendre l'avion très souvent
(1 à 3 fois par semaine).
Monsieur
" P " me donne une curieuse lettre
de la part de son médecin :
Cher monsieur, je vous adresse monsieur "
P " en relaxation psychosomatique car il
vient de vous voir à la télévision
sur antenne 2, il me demande depuis déjà
plus un an de faire de la relaxation pour ses
problèmes de peau, personnellement, je
ne pense pas que votre nouvelle méthode
puisse l'aider, mais comme il insiste pour en
faire l'expérience vécue, et après
vérification de vos diplômes universitaires
en autre un doctorat en psychologie et ne connaissant
personne dans le XVI ème, je vous l'adresse.
J'ai donc débuté la relaxation
au mois de mai 2001 peu confiant du résultat.
A ma grande surprise, au bout de 2 mois de traitement,
ce patient pouvait prendre l'avion, sans angoisse,
sauf une légère et normale appréhension.
Sa vie familiale est meilleure, le nouveau travail
le passionne, car ce nouveau job représentait
un lourd fardeau. De plus, en ce qui concerne
son problème spécifique dermatologique,
il semble s'améliorer d'une façon
spectaculaire et très significative au
dire de sa dermatologue.
Je continue à suivre ce patient en relaxation
entre deux avions.
Les relations entre cette dermatologue spécialiste
et moi-même sont assez étrange
et particulière, du fait de la réussite
si rapide et réelle de son patient qu'elle
suivait, depuis 5 ans très régulièrement.
Cette relation bizarre devant une réussite
thérapeutique qui, logiquement aurait
dû m'ouvrir les portes d'un nouveau correspondant,
me les ferme, au contraire, pour quelques temps,
devant cette humiliation son ego un peu trop
développer et son inconscient
Anti-psychologue et psychiatre arrête
la future collaboration ?
Nous
pouvons voir à quelles difficultés
soulèvent ces courants affectifs transférentiels
dans les traitements de relaxation sophrologique
entre les co-thérapeute face au pouvoir.
Cette ambiguïté peut commencer de
façon signifiée à l'autre
ou de façon voilée, directe ou
provocante.
Le serpent peut venir de cette ambiguïté
du patient manipulateur, qui tel un bon artiste,
façonne son uvre lentement, avec
précautions, jouant sur le silence et
les non-dits, laissant croire à l'autre,
ce qu'il craint et l'inconscient fait le reste.
Le doute, l'inquiétude arrivent, faisant
place à la bonne entente.
Certes, ces courants affectifs que soulèvent
ces relations nous amènent à parler
plus particulièrement du transfert. Les
relations transférentielles peuvent être
positives, négatives ou neutre.
Les deux premières semblant plus faciles,
nous allons parlez des relations dites neutres.
En ce qui concerne l'analyste, par rapport au
sophrologue analyste, il doit être neutre
par son silence pour l'autre.
L'analyste est presque toujours mis en question
de façon voilée ou de façon
directe dans une dimension, neutre-interrogative,
bienveillance-agressive ou, tout simplement,
reconnaissante.
Il est le sujet " supposé savoir
" mais en aucun cas ce pouvoir lui donne
un pouvoir.
Mais qu'en est-il du thérapeute-sophrologue
?
Il
parle, meuble l'angoisse et le vide, son point
d'action est sa voix, son action est à
la frontière de l'immédiat et
de l'advenir de son patient. Il a une position
très différente de l'analyste;
Il doit remettre sur pied son patient et, souvent
le plus vite possible.
Du fait de cette limite et de cette frontière,
le thérapeute sophrologue ne peut pas
être neutre dans la relation. Du reste,
l'analyste est-il toujours neutre ?
De ces relations, la manipulation, les manipulateurs
patients thérapeutes, les courants affectifs
transférentiels s'anastomose les uns
aux autres pour se trouver au centre du triangle
(médecin-patient-thérapeute).
Le médecin psychiatre psychothérapeute
possède un atout relativement important
sur le thérapeute clinicien du corps
propre ; il ne touche pas et, pourtant, il semble
toucher davantage ; Les patients nous le disent
bien ; ils se sentent plus touchée qu'en
relaxation.
Que se passe-t-il ?
En fait, les réactions pulsionnelles
et passionnelles du transfert excessif témoignent
de cette relation transférentielle massive
envers le médecin psychiatre analyste,
dont il doit conserver la maîtrise.
C'est en effet grâce au contrôle
du transfert que se joue le traitement.
Là, le thérapeute sophrologue
analyste devient tout simplement le technicien
du corps malade.
Il est peut-être trompé manipulé
dans cette relation, mais qui trompe qui ? C'est
autour de ce corps qu'oscille le dilemme du
corps objet et du corps désirant.
Le lieu du conflit : c'est le corps, le corps
objet " a " interchangeable, trompeur
et trompé, ne sachant à quel corps
s'accorder, ce corps manipulateur, prostitué
sans objet, sans sujet, voué à
des jouissances sans parole, pris au piège
du regard de l'autre.
Ce
pauvre corps : C'est lui qui souffre, qui ne
peut plus bouger, accompagné de ses douleurs
invalidantes.
Ce corps vit au contact du réel ; il
n'est jamais seul ; il est en lutte avec ses
douleurs et ses jouissances ; il prend place
importante dans le réel et façonne
et incruste comme l'artiste dans l'imaginaire,
obligeant celui-ci à se conformer à
sa jouissance et à son désir ;
ce n'est pas toujours le réel qui compte.
Il joue le rôle de l'amant trompeur et
trompé ; manipulateur et manipulé
; c'est lui qui joue à cache-cache son
rôle de compositeur.
Quant à la spécificité
des facteurs parasites émotionnels, nous
pouvons dire que l'angoisse diffuse de nos phobiques
provoque des impulsions hostiles refoulées,
représentant des troubles psycho-émotionnels
de tout genre.
L'hostilité stimule l'anxiété
et le cercle vicieux se referment sur le corps.
Le double aspect de la névrose, souffrance
et satisfaction, est le " couple idéal
" du trompeur et du trompé, manipulé
et manipulateur inconscient.
|