LES
PHASES DU TRAINING AUTOGENE :
Dans le T.A.S., 4 phases d'approche
thérapeutiques peuvent être distinguées : l'entraînement
aux exercices standards, les modifications autogènes,
l'entraînement à la méditation autogène, et les
méthodes de neutralisation autogène.
1. L'entraînement
autogène standard. ( plus généralement appelé
cycle inférieur ).
Il comprend une série de 6 exercices
dont les 2 premiers sont les plus importants.
Il s'agit, au cours de ces exercices,
de faire éprouver au patient, graduellement, une
série de sensations corporelles.
Le patient est placé dans une ambiance
calme et dans une position adéquate, de manière
que ses muscles soient détendus.
3 positions sont conseillées, la
position assise sur une chaise ("en cocher
de fiacre "), la position allongée sur un divan,
bras et jambes vers l'extérieur, la position assise
dans un fauteuil.Le patient doit alors fermer les
yeux et se concentrer mentalement sur une partie
de son corps d'abord, sur tout le corps ensuite
et y rechercher la sensation de lourdeur, par exemple.
Cette sensation une fois éprouvée, il va la formuler
mentalement, en pensant, par exemple :"Mon
bras ou mon corps est lourd, tout à fait lourd "
et ainsi de suite.
Cet exercice doit se pratiquer
sans insister si la sensation n'est pas immédiatement
perçue, dans l'attitude mentale de passivité encore
appelée "de concentration passive", et
sous la direction d'un thérapeute expérimenté, lui-même
entraîné au T.A.S.
La concentration passive s'oppose
à la concentration active et signifie que le patient
accepte l'idée que le résultat à atteindre ne s'obtiendra
pas rapidement et que, s'il n'est pas bon aujourd'hui,
il le sera demain ou un autre jour.
Le patient doit réaliser cet exercice
quotidiennement 2 ou 3 fois, le temps qu'il y consacre
variant de 3 minutes à une 1/2 heure en fin d'entraînement.
La consultation du thérapeute va
servir à contrôler les progrès, à encourager le
patient et à donner des directives pour une plus
grande décontraction.
Après un temps variable, de 2 à
6 mois, le patient est capable de se plonger très
rapidement dans un état de déconnexion totale, physique
et mentale, sorte d'état second situé entre la veille
et le sommeil, l'état autogène.
Il en résulte un état de bien-être
physique et mental dont les effets peuvent se prolonger
plusieurs heures après l'exercice.
Lorsque le patient est capable
de se mettre en état de relaxation totale, encore
appelée par Schultz "déconnexion organismique",
il est possible d'introduire des exercices plus
spécifiquement attachés à certains troubles.
2. Les méthodes de modification
autogènes :
Schultz a ajouté une série d'exercices
complémentaires à visée thérapeutique plus élaborés
qu'il a appelés " Modifications Autogènes ".
Il divise ces exercices de modifications
autogènes en 2 catégories : les formules organo-spécifiques
(F.O.S.) qui agissent physiologiquement dans une
zone donnée, et les formules intentionnelles ( F.I.),
qui agissent plus particulièrement sur les fonctions
psychiques.
Des formules qui exercent une action
thérapeutique sur le physique ou sur le psychique.
Les formules organo-spécifiques
renforcent l'effet des exercices standards que sont
la pesanteur, la chaleur, ou encore le rafraîchissement
du front et sont pratiquées en combinaison avec
ceux-ci dès que le patient a bien maîtrisé ses formules
d'exercices standards.
Les formules se recherchent et
se pratiquent en accord avec les données fournies
au cours des entretiens entre le patient et le thérapeute.
Il faut adapter chaque formulation
à chaque cas et à chaque patient.
NB: En cas de rhinite spasmodique,
le patient sera appelé à formuler : "Mon nez
est frais ".
Dans un cas d'énurésie, le patient
dira par exemple :"Ma vessie est chaude ".
Les formules intentionnelles sont
des formules d'auto-suggestion à visée psychothérapique.
On en distingue 3 types :les formules
de neutralisation, de renforcement et d'abstinence.
* Les formules de neutralisation
sont plutôt utilisées dans les cas d'idées fixes
ou obsessionnelles.
Un patient obsédé par la masturbation
sera amené à formuler :
" La masturbation m'est complètement
indifférente ".
* Les formules de renforcement
vont renforcer une action positive, par exemple,
le sommeil.
Dans ce cas, le patient sera amené
à formuler : "J'ai envie de dormir ".
* Les formules d'abstinence sont
des formules qui sont intentionnelles et qui sont
destinées à faciliter l'abstention d'une drogue
.Par exemple : " Je sais que j'évite de boire
une simple goutte d'alcool, en tout temps, en toutes
circonstances, en n'importe quelle situation.
D'autres boivent, mais moi, l'alcool
ne me plaît pas ".
3. La
méditation autogène, (ou cycle supérieur),
se pratique dès que le patient a bien maîtrisé les
exercices standards du T.A.S. et qu'il est capable
de plonger rapidement, quasi instantanément dans
l'état autogène.
Généralement, cette méditation
autogène ne peut avoir lieu qu'après 2 ans de maîtrise
des exercices standards et ne peut se faire qu'en
association avec un thérapeute formé à la thérapie
psychanalytique.
Il s'agit d'une méthode de méditation
mentale qui va permettre très progressivement d'aborder
les problèmes existentiels fondamentaux de l'individu
et devenir une sorte de psychanalyse.
La méditation autogène comprend
7 exercices de méditation :
* Dans le 1er, le patient apprend
à visualiser mentalement les couleurs;
* Dans le 2ème, il apprend à sélectionner mentalement
les couleurs désirées et à apprécier son choix;
* Au cours du 3ème, il va visualiser des objets
concrets puis des objets abstraits;
* Le 4ème et le 5ème exercice consistent à expérimenter
le choix d'une sensation;
* Le 6ème, la visualisation d'autres personnes;
* Enfin le 7ème, que Schultz appelle " les
réponses de l'inconscient ", le patient prend
conscience des divers aspects refoulés de sa conscience.
On comprend aisément que cette
méditation ne puisse être pratiquée sans l'aide
d'un guide compétent, connaissant tout à la fois
la méditation autogène et la psychanalyse.
4. La
méthode de neutralisation autogène comprend
l'abréaction autogène et sa verbalisation autogène.
La méthode d'abréaction autogène
dérive des études sur le processus de décharges
autogènes qui apparaissent durant les exercices
standards.
Schultz avait remarqué en effet
que, lors de la pratique régulière du T.A.S., des
patients plongés dans l'état autogène exprimaient
d'autres sensations que celles directement liées
aux exercices standards.
C'est ainsi que certains patients
décrivaient des sensations de picotements, de chatouillements
des extrémités, de dépersonnalisation, de sensibilité
exagérée et bien d'autres encore.
Pour Schultz, ces sensations, appelées
des décharges autogènes, seraient en fait nécessaires
et permettraient au cerveau de se décharger de manière
préventive et curative.
Elles correspondraient à une énergie
accumulée dans le cerveau et qui, emmagasinée trop
longtemps, pourraient ressortir sous formes de symptômes
ou de troubles fonctionnels.
L'état autogène permettrait à cette
énergie de se résorber sans dommage.
Schultz propose alors au patient
de pratiquer régulièrement le T.A.S., de se placer
dans l'état autogène par les formules standards
et la concentration passive pour prendre ensuite
ce qu'il appelle l'attitude de la " Carte Blanche
".
L'attitude de la carte blanche
va consister pour le patient à se déconnecter mentalement
et à se placer en spectateur vis-à-vis de ses propres
sensations et de son propre corps, sans aucune directivité.
Il est ensuite demandé au patient
de décrire ce qu'il ressent, ce qu'il éprouve dans
son état autogène.
Schultz fait la différence entre
l'abréaction autogène, où le rôle du thérapeute
se limite à étudier les résistances, et la verbalisation
autogène, qui vise à neutraliser les abréactions
autogènes les plus gênantes.
Dans l'abréaction autogène, le
patient dit avoir des picotements, par exemple (
liés à un conflit avec la mère ).
Dans la verbalisation, on essaie
de mettre en rapport ces réactions sensorielles
avec les conflits profonds.
LES APPLICATIONS :
Le T.A.S., méthode d'entraînement
personnel à la relaxation, peut être utilisé à titre
préventif, mais aussi et surtout en médecine psychosomatique
et, bien sûr, en psychothérapie.
Cette méthode a été pratiquée avec
succès dans les troubles neuro fonctionnels, tels
que les céphalées, les palpitations, les hypertensions,
les dysménorrhées, les états d'angoisse, les insomnies,
les tremblements, les névralgies, etc...
D'excellents résultats ont été
obtenus dans certains cas d'asthme bronchique, d'ulcère
à l'estomac, de troubles digestifs .
Enfin, des succès ont été enregistrés
dans des cas d'impuissance masculine, de frigidité,
de douleurs de la sphère génitale.
Le T.A.S. est indiqué dans bien
d'autres affections, et les exemples d'applications
pratiques bénéfiques sont de plus en plus nombreux.
Enfin, le T.A.S. a été utilisé
comme complément de l'entraînement sportif aux Jeux
Olympiques (Pr Raphaêl CHERCHEVE), et au niveau
des entreprises, en remplacement ou comme adjuvant
de la gymnastique de pause, dans un but de récupération,
de détente et, par conséquent, de meilleure efficacité
professionnelle.
EN CONCLUSION :
La méthode du T.A.S est une méthode
d'entraînement personnel à l'auto-hypnose, utile
pour le praticien lui-même et, bien sûr, pour un
bon nombre de patients.
Mais signalons tout de même que
cette méthode d'entraînement plonge le patient dans
un état de déconnexion organismique voisin de l'état
hypnotique mais non similaire. Il s'agirait donc
d'une méthode née de l'hypnose mais non hypnotique.
Le débat reste cependant ouvert,
l'objectivation de ces états étant extrêmement difficile.
Curieusement, cette méthode a été
pratiquée surtout dans les pays européens comme
l'Allemagne et la France, ou l'hypnose classique
avait été abandonnée.
Elle avait jusqu'à présent peu
de succès dans les pays anglo- saxons , plus favorables
à l'hypnose, où pourtant est née une méthode que
l'on peut qualifier d'anti-hypnotique : la méthode
de Relaxation Progressive de JACOBSON.
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