Sophrologie et Coaching: Le Coach Sophrologue

Coach Sophrologue, Coaching et Sophrologie




Le Coach sophrologue doit créer un partenariat dont la puissance et la force proviennent de l’alliance entre lui et son client.

L’alliance c’est l’alchimie interpersonnelle qui s’établit dans la “présence” entre le coach et son client : le coach ne change pas l’autre...il le met en évidence.

Ce que nous proposons n’est pas une alliance avec la problématique, avec la confusion ou les illusions du client, mais une alliance avec l’individu, avec son énergie positive :

“ Ne pas lutter contre le mal, car c’est la lutte qui est le mal.”

La relation de “présence” est exigeante dans la mesure où le Coach Sophrologue ne s’appuie sur aucun modèle :
“ Si vous êtes prisonnier d’une forme momentanée de vous-même, vous n’aurez accès qu’à la forme momentanée de l’autre en face de vous...et si vous êtes établi dans votre centre, vous ne serez pas prisonnier des formes momentanées qui apparaissent à vos yeux et vous verrez l’autre dans sa réalité profonde, identique à la votre et ce qu’il y a en lui d’illimité.” . Arnaud Desjardins

Quelle est cette “présence” qui permettra aux énergies étouffées, refoulées, d’envahir et de déferler dans la tête, le corps, le coeur du client?

Quelles sont les qualités de présence du COACH SOPHROLOGUE ?

A- La qualité de présence

Le coach Sophrologue doit être “ présent à l’autre non préoccupé par soi ”, cela signifie qu’un travail personnel sur sa vérité, sur la façon dont il est touché par la relation à l’autre, lui permet de rester dans une présence tranquille non-préoccupé-par-soi

“ Si votre pratique quotidienne est de vous ouvrir à toutes vos émotions, à tous les gens que vous rencontrez, à toutes les situations qui se présentent, sans vous refermer et en ayant confiance en votre capacité de le faire, alors, cela vous conduira aussi loin que vous pouvez aller. Et là, vous comprendrez tous les enseignements que personne n’a jamais enseignés.”
Pema Chodron

Un coach ne peut accompagner un autre qu’aussi loin qu’il est allé; le degré d’exploration qu’il a personnellement atteint lui permet d’ouvrir un espace ou il se sentira en sécurité quand son client atteindra des zones de détresse.

Le deuxième aspect de cette présence est que le coach doit être en contact avec son centre, ce lieu sûr qui lui permettra de s’ouvrir totalement à l’autre.
( c.f : les séminaires intensifs sur le thème : “Qui suis-je ?”).

S’il est établi dans une forme momentanée de lui même (identification à la pensée conceptuelle) alors il ne pourra juger que de l’écart entre “ce-qui-est” et le contexte choisi par son esprit.

Rappelons ce mot d' Einstein : “ Si les faits ne collent pas à la théorie, alors tant pis pour les faits !”.
Les bouddhistes parlent du pouvoir de transformation de la présence inconditionnelle.

B - Le non jugement

La deuxième qualité est celle du non-jugement : s’il n’évalue pas, s’il ne compare pas à un concept ou un modèle, alors le champs de l’expérience s’ouvre et deviens support de la croissance : l’enfant, face à des expériences trop fortes,devant le manque de soutien de l’entourage, n’a pas d’autres moyens que de contracter son corps-esprit pour échapper à la douleur; cette façon de se préserver en ne voyant pas, en n’entendant pas, en ne ressentant pas ce qui était insoutenable est devenu sa nature, sa personnalité.

Souvent des parties de l’individu ont comme mission de justifier ces refus de l’expérience par des interprétations et des validations mentales : ce sont ces parties “ managers ” qui ferment toute ouverture au changement lorsqu’elles se sentent incomprises ou jugées. Le non-jugement en tant qu’acceptation inconditionnelle crée les conditions de l’alliance avec ces parties.

Le corollaire de cette attitude est que la relation n’utilise pas le mode directionnel de soutien que l’on pourrait trouver chez un consultant mais suppose que, si on leur donne l’occasion, les individus se montreront responsables, créatifs, et se prendront en charge : le client va devenir actif et acteur du processus de changement, se réapproprier son énergie et diriger son existence


C - L’ouverture

Une troisième qualité est celle de l’ouverture aux cultures, aux aspects changeants de la réalité : le Coach Sophrologue cultive ses intérêts pour les lieux du corps, du coeur, de l’esprit; pour la pensée digitale ou analogique; pour l’identification aux objets, l’appropriation des concepts et pour la présence aux processus de conscience.

Récemment nous avons entendu dire que la relation d’aide serait un art et une science réservé a des personnes dûment formatées, je crois plus juste de considérer notre pratique comme un art et une philosophie, le philosophe étant compris ici comme l’ami de la sagesse. Le Coach Sophrologue doit devenir conscient à quel point son modèle du monde, ses modèles théoriques, son expérience pratique affectent sa manière d’extraire le sens.

Cette ouverture ne négligera pas les formes de changement de translation qui créent souvent les conditions d’accès au modèle de l’autre et l’ouverture sur le changement de transformation. Ce changement essentiel survient par la grâce d’entrevoir ce que l’autre a d’unique dans sa façon de tisser le monde des possibles, par la singularité sans équivalence qu'exhale le parfum de son être au monde.

Ecoutons Kierkegaard nous parler : « seul l’unique existe, c’est de lui dont tout découle. La pensée ne conçoit que des essences, et les essences n’existent pas, elles sont seulement possibles. »

Il faut donc retrouver l’existant tel qu’il est et seule la pensée subjective permet d’approcher la vérité de l’intériorité du sujet :

“ La relation avec le Tu est immédiate. Entre le Je et le Tu ne s’interpose aucun jeu de concepts, aucun schéma et aucune image préalable et la mémoire elle-même se transforme quand elle passe brusquement du morcellement des détails à la totalité.
Entre le Je et le Tu il n’y a ni buts, ni appétit, ni anticipation; et les aspirations changent quand elles passent de l’image rêvée à l’image apparue. Tout moyen est obstacle. quand tous les moyens sont abolis, alors seulement se produit la rencontre”

Martin Buber- Je et Tu - Edition Aubier


D - Coeur et compassion

Enfin les dernières qualités sont celles du coeur et de la compassion; chaque client nous offre une chance de connaître un nouvel univers, de s’émerveiller devant la richesse et l’ingéniosité de l’esprit humain, nous lui devons de la reconnaissance pour cette opportunité de croissance personnelle.

Dans les traditions bouddhistes coeur et esprit ne font qu’un (citta en sanscrit) et exprime une connaissance directe et bienveillante à l’égard de “ce qui est”. L’alliance est étendue a toutes les identifications de l’esprit : pensée, réflexion conceptuelle, identification pré réfléchie jusqu’au corps conscient.

Face aux intériorisations des conditions posées par la société ou les parents : “ Tu es un être humain acceptable uniquement si tu corresponds à nos normes ”, le coach sophrologue développe une qualité de présence inconditionnelle et une qualité de coeur.
Le coeur étant compris ici par :

“ la capacité de toucher et d’être touché, d’atteindre et de laisser entrer... cette bienveillance inconditionnelle est une qualité d’accueil de l’autre et de son expérience sans qu’il s’accroche à quoi que ce soit, sans qu’il essaye d’avoir de bonnes pensées ou se débarrasse des mauvaises pensées.”
John Welwood - Pour une psychologie de l’éveil.



Lundi 4 Mai 2009
JP Gilg
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